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« ZONE 54 : À la recherche des punks à chiens »
Vernissage : vendredi 3 février / 18h30

A partir du 4 février et jusqu’au 16 mars 2017

chiens place mag268 - copie 2En 2012 j’ai commencé ce documentaire sur les zonards. Pour eux, la « zone » représente la ville et ses alentours, l’endroit dans lequel ils vivent et se déplacent, c’est alors naturellement qu’ils se nomment ainsi.
Ce qui m’a interpellé au début chez eux, était le contrat qu’il pouvait y avoir avec d’autres personnes côtoyant les rues : les sans-abris, de jeunes personnes en difficultés etc. Les zonards, accompagnés de leurs chiens et d’un style vestimentaire souvent hérité du punk, me donnait le sentiment d’un groupe homogène, unis et joviale avec leurs pancartes humoristiques.
Ces trois années à leurs côtés, à raison de deux à trois jours par semaine, m’ont permis de comprendre et de connaître leur quotidien : la manche, mais aussi l’entraide, les squats et les voyages.
Pour décrire leur vie, il me semble que c’est le mot « mouvance » qui s’accommode le mieux. Presque un mot valise entre « mou » et « avance », quelque chose qui bouge sans réellement se déplacer et qui se déplace sans réellement bouger, pas entièrement fluctuant et encore moins errant, plutôt d’un mouvement discret qui s’acclimate aux changements.
Il s’agit d’une appropriation de la ville, de la vie qui chaque jour se transforme. Des personnes partent quelques jours, quelques mois, ou partent sans revenir. Des squats ferment, d’autres ouvrent, il faut quitter un appartement, un foyer, trouver d’autres lieux dans lesquels se retrouver quand l’un est construit (ou détruit). Faire face au jour où la manche est mauvaise et profiter avec ses amis quand elle est bonne. Autant de changements chaque jour ou presque, au travers desquels ces personnes se déplacent, se « meuvent », où le quotidien se déroule et se construit.
Avec eux j’ai ressenti et vécu des moments de dialogue, de rire et de silence, des périodes festives, de découragement et le quotidien le plus simple. Ainsi, grâce à leur confiance, je peux aujourd’hui témoigner de leur quotidien auquel ils m’ont offert l’accès.
Amandine Turri Hoelken

En partenariat avec l’association Le Cri des Lumières – Lunéville